Métier : monitrice de pleine conscience

La méditation semble être source de beaucoup de jouissance et d’avancement. Telle une pastille magique, elle annihilerait nos maux, nous aiderait à vivre plus sereinement et nous ferait franchir la porte d’un monde totalement inconnu.

Les enfants peuvent-ils méditer ? c’est en effet, une question que nous pouvons nous poser lorsque nous les voyions sautiller du matin au soir.

Entretien avec Maryline Jury, monitrice de pleineMaryline_portrait conscience pour les enfants

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Formée par Eline Snel, auteure du livre « Calme et attentif comme une grenouille« , j’anime des ateliers permettant aux enfants de découvrir les ressources internes dont ils disposent pour vivre en harmonie avec eux mêmes et avec les autres. 

Peut-on faire méditer nos enfants ?

Oui, les enfants sont très réceptifs aux exercices proposés parce qu’ils font écho a leur vécu. Dès le plus jeune âge, l’enfant est confronté à de nombreux défis intérieurs :

  • Comment être en paix avec soi même et avec les autres, lorsque l’on est traversé par des émotions fortes comme la colère, la tristesse, la peur ?
  • Comment rester concentré sur une tâche lorsque l’on est sollicité par d’autres activités (regarder les écrans, bavarder, bouger…) ?

La plupart des enfants aiment échanger sur leur ressenti et tous sont soulagés de se rendre compte qu’ « ils ne sont pas les seuls à ressentir ce qu’ils ressentent »… que les autres enfants rencontrent parfois des difficultés à s’endormir ou à vivre en harmonie avec leurs frères et sœurs, leurs camarades, leur parents. Bien sur, on ne peut pas obliger un enfant à méditer et ce n’est pas souhaitable.

Comme l’indique Christophe André, psychiatre à l’hôpital sainte-Anne à Paris et écrivain,

« Il existe aujourd’hui un nombre croissant de travaux montrant l’intérêt de la méditation de pleine conscience auprès des enfants, pour l’équilibre émotionnel, les capacités de résilience, la qualité des échanges familiaux et les capacités attentionnelles, notamment dans le travail scolaire et les apprentissages. »

Pourquoi les faire méditer ?

La méditation répond à un besoin des enfants d’être en silence, de se concentrer pour se construire. Elle permet de retrouver un lien au corps, d’interpréter les signaux qu’il nous envoie de « sentir » la fatigue » plutôt que « penser » que l’on est fatigué. Petit à petit l’enfant apprend à se connaitre et à tirer partie de ses expériences pour prendre en charge son bien être physique et psychologique. Comme la douche était une mesure d’hygiène rare il y a 100 ans, il y a fort à parier que la méditation va s’intégrer à nos modes de vie…

Doit-on faire avec eux ?

Il n’y a aucune obligation pour les parents de pratiquer avec leurs enfants. Faisons leur confiance. Ils sont capables d’une grande autonomie dès lors qu’ils ont expérimenté en atelier les outils proposés. Personnellement, pratiquer la pleine conscience m’aide à devenir le parent que je souhaite être et contribue à améliorer les relations que j’entretiens avec mes propres enfants…et mon conjoint.

Existe-t-il  un moment privilégié ?

Il est très rare que toutes les conditions soient réunies pour pratiquer. C’est pourquoi il est recommandé de faire du mieux que l’on peut et surtout de ne pas culpabiliser si l’on n’arrive pas à se rendre disponible. Selon les familles, un temps de pratique peut être programmé le matin avant l’école, le soir au moment du coucher ou le weekend. Pour les parents qui ont la possibilité de s’investir, l’expérience montre que l’instauration d’un rituel permet de créer l’habitude, un peu comme pour se brosser les dents… S’assurer que l’on ne sera pas dérangé durant les quelques minutes de l’exercice peut être une aide.

Les retours des parents mettent l’accent sur le développement des capacités de l’enfant à s’apaiser et à vivre avec ses émotions. 

« A plusieurs reprises, lorsqu’Emma n’arrivait pas à s’endormir le soir, que je la sentais tendue, je lui ai proposé d’imiter la grenouille, comme dans le livre : elle peut coasser très fort et sauter très loin, mais elle peut aussi rester immobile, elle ne bouge plus, ni les bras, ni les jambes, ni la tête… il n’y a que son ventre qui bouge, qui se gonfle et se dégonfle, qui monte un petit peu et qui descend un petit peu… etc. Et elle s’est apaisée et endormie ! Au final, mon ressenti c’est que je suis contente qu’Emma ait pu expérimenter des façons de se recentrer, de prendre conscience de ce qui se passe en elle, et d’être en relation avec les autres. » Maman d’Emma.

« Je le trouve plus posé même s’il reste très actif la journée, il s’exprime plus sur des détails et sur ce qu’il s’autorise à ressentir pendant la journée » Maman de Diego.

Au cours des ateliers, les enfants vont exercer leur capacité naturelle à être calme détendu, attentif. Le calme accroît la capacité de concentration, qui est un préalable à toute forme d’apprentissage. L’expérience de la pleine conscience leur permet de créer un espace entre les nombreuses sollicitations internes et externes, et leurs actions. C’est dans cet espace que se développe leur capacité de discernement, leur capacité à gérer leurs émotions et des désirs. Ici, on ne peut pas faire de fautes et il n’y a pas de compétition entre les enfants, leur estime de soi et leur capacité de coopérer s’en trouvent renforcées.

Merci beaucoup Maryline pour ce partage de ressources.


Le cycle « L’attention, ça marche » comprend 8 ateliers en petit groupe (6 à 8 enfants). Il s’adresse aux enfants de 5 à 14 ans répartis en trois groupes (5-7 ans, 8-11 ans, 12-14 ans). Chaque atelier comprend, un jeu, une histoire, une méditation (courte, quelques minutes), et un mouvement. Ces ateliers sont sur Lyon.

Pour en savoir plus, je vous invite à lire le blog de Maryline, Ressources Partagées.

Ecoutez un extrait audio du livre « Calme et attentif comme une grenouille » d’Eline Snel.

Article sur le livre « Calme et attentif comme une grenouille » d’Eline Snel.

 

Par Christelle Martinez Pitili boutique pour lit evolutif